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8 juin 2008 7 08 /06 /juin /2008 06:54

Il y a le message de prévention : "Pour votre santé, manger moins gras, moins sucré, moins salé." Et il y a la face cachée du contenu de notre assiette. Pour avoir affirmé que le "lobby des producteurs de sel et du secteur agroalimentaire industriel (...) désinforme les professionnels de la santé et les médias", dans un entretien publié en 2006 par la revue TOC, Pierre Meneton a été poursuivi en diffamation. Le 13 mars, le tribunal correctionnel de Paris a donné raison à ce chercheur de l'Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm, Paris) et a débouté le Comité des salines de France. Derrière la polémique, l'enjeu est celui des risques sanitaires liés à une consommation excessive de sel.

Pour les scientifiques, il ne fait pas de doute "qu'il existe un important faisceau de preuves d'un lien entre la consommation excessive de sel et plusieurs maladies chroniques", comme l'a souligné, en octobre 2006, l'Organisation mondiale de la santé (OMS). Au premier rang des conséquences néfastes figure l'hypertension artérielle (HTA).

Les études épidémiologiques ont solidement établi une corrélation positive entre l'apport en sel, sous forme de chlorure de sodium, et la pression sanguine, de même qu'entre la hausse de pression sanguine avec l'âge, et l'apport en sel. Ce lien est confirmé par l'abaissement de la pression artérielle lorsque l'on diminue l'apport en sodium. D'autres facteurs de risque favorisent l'hypertension artérielle, mais l'excès de sel représente, selon les pays, "de 15 % à 20 % du risque, derrière l'excès de poids, qui est le premier facteur avec 20 % à 25 % du risque", explique Pierre Meneton.

Cette relation a de lourdes conséquences sanitaires et économiques, l'hypertension artérielle étant un facteur de risque majeur d'infarctus du myocarde et d'accident vasculaire cérébral. Aux Etats-Unis, l'Association médicale américaine a estimé à 400 par jour le nombre de décès par accident cardiovasculaire. "En France, indique Pierre Meneton, ce nombre est de l'ordre de 100 décès par jour." A cela s'ajoutent les conséquences fatales chez des malades souffrant d'insuffisance cardiaque ou rénale.En France, plus de dix millions de personnes suivent un traitement contre l'hypertension. L'assurance-maladie en estime le coût à 2,3 millions d'euros.

L'excès de sel pourrait aussi contribuer à une perte urinaire chronique de calcium, source de déminéralisation osseuse, et aux cancers de l'estomac. Néanmoins, ces effets ne sont pas aussi solidement démontrés que les conséquences cardiovasculaires.

Le sodium participe au maintien du volume et à l'équilibre hydrique de la membrane des cellules. Il est donc indispensable. Le problème est que nous en consommons trop par rapport à la "valeur repère" de 8 grammes de sel par jour que l'Agence française de sécurité sanitaire des aliments (Afssa) a fixée comme objectif de consommation maximale, chiffre également repris dans la loi de santé publique. L'OMS préconise même de descendre en dessous de 5 grammes par jour.

ETIQUETAGE OBLIGATOIRE

Près de 47 % des adultes et 23 % des enfants ont des apports journaliers de sel dépassant les 8 grammes par jour, selon l'étude sur la situation nutritionnelle en France rendue publique en décembre 2007 par la Caisse nationale d'assurance-maladie et l'Institut de veille sanitaire. La France est donc loin d'avoir atteint son objectif.

Pourquoi un tel excès ? "Le problème vient moins de l'ajout de sel à table, qui représente 10 % des apports journaliers, que des aliments transformés et des plats préparés. Les aliments naturels contiennent peu de sel et couvrent nos besoins. Ce qui est en plus vient du secteur agroalimentaire", estime Pierre Meneton.

On trouve du sel en grande quantité dans le pain - qui peut couvrir 30 % de nos apports quotidiens - les fromages, les charcuteries, mais dans le chocolat ou les confitures. "Le secteur de la boulangerie a pris conscience du problème, mais les pains moins salés sont souvent vendus plus chers. De même, les petits producteurs de sel de l'Atlantique ont adopté un comportement très responsable", indique Pierre Meneton.

Le goût du salé n'est pas inné et se développe rapidement au cours de la première année de vie avec la diversification de l'alimentation. Il n'a cependant rien d'irréversible. "Des études ont montré qu'en six semaines à deux mois, on s'habitue à des aliments moins salés", souligne Pierre Meneton.

Pour améliorer l'information des consommateurs, la Commission européenne a proposé, en janvier, de rendre obligatoire l'étiquetage de six informations sur l'avant des emballages, parmi lesquelles, la teneur en sel.

 

source : lemonde.fr

Voir aussi :

Le Sel de mer


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Published by love bill - dans santé & guérison
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