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17 novembre 2008 1 17 /11 /novembre /2008 07:04
 
 


 

L'Article complet sur lemonde.fr

Pays des mangeurs de grenouilles, de gibier, de foie gras, la France est souvent montrée du doigt par les mouvements de défense des animaux, voire par ses voisins de l'Union européenne. Pas seulement pour ses moeurs gourmandes, mais aussi à cause des conditions d'existence dans ses poulaillers géants et ses porcheries industrielles, son goût pour la chasse, la corrida. Pourtant, la cause animale y suscite, comme ailleurs, de plus en plus de questions, comme le montre le nombre d'écrits publiés ces derniers mois sur le sujet.


Éthique animale, de Jean-Baptiste Jeangène Vilmer, PUF, 314 p., 26 €.

La libération animale, de Peter Singer, Grasset, 380 p., 22,10 €.

Sans offenser le genre humain, d'Elisabeth de Fontenay, Albin Michel, 213 p., 18 €.

Droits des animaux : théories d'un mouvement, d'Enrique Utria, éd. Droits des animaux, 180 p., 13 € sur www.droitsdes animaux.net.

Un éternel treblinka, de Charles Patterson, traduit de l'américain par Dominique Letellier, Calmann-Lévy, 336 p., 20,50 €.

Des associations qui pétitionnent, mènent des procès, un élevage d'animaux de laboratoire récemment détruit par un incendie criminel, un abattoir de volaille saccagé… Ce dossier devient si peu anodin que Nicolas Sarkozy a demandé à l'issue du Grenelle de l'environnement qu'une consultation publique lui soit consacrée. Les rencontres " Animal et société " se sont tenues avant l'été, sous l'égide du gouvernement. Elles ont réuni 150 personnes à plusieurs reprises pendant quatre mois, sur des questions comme la souffrance des animaux au moment de l'abattage ou le sort des bêtes sauvages recueillies.

Lors de la clôture, le 8 juillet, le ministre de l'agriculture Michel Barnier a conclu à "un consensus sur l'importance de l'animal dans notre société et sur le respect que nous lui devons en tant qu'être sensible", et a annoncé l'établissement d'une charte nationale d'ici fin 2008.

Pour mieux comprendre les enjeux de ce débat public émergent, nous avons rencontré Jean-Baptiste Jeangène Vilmer, auteur d'Ethique animale, publié aux Presses universitaires de France. Son livre balaie le vaste champ des questions que posent les comportements humains vis-à-vis de la faune – non seulement la consommation, la fourrure, l'expérimentation, mais aussi les combats, les courses, les cirques, les zoos… –, c'est-à-dire "l'étude du statut moral des animaux" et donc "la responsabilité des hommes à leur égard".

Ce philosophe de 28 ans a conçu son ouvrage, clair et très lisible, comme un outil pédagogique après les cours qu'il a dispensés aux étudiants vétérinaires de l'université de Montréal. Des animaleries aux abattoirs, des bêtes de cirque aux souris de laboratoire, de Plutarque le végétarien aux militants radicaux d'aujourd'hui, le philosophe nous montre que l'homme n'en a pas fini avec l'animal.

Comment expliquez-vous le retard de la réflexion française – que vous dénoncez – en comparaison des pays anglosaxons dans le domaine de l'éthique animale ?

Il y a d'abord l'influence de l'humanisme qui structure notre société depuis Descartes, et qui introduit une stricte hiérarchie : l'homme est placé au centre et le reste autour. Il conduit à se persuader que si jamais nous donnions trop de considération morale aux animaux, en leur accordant des droits ou en augmentant nos devoirs vis-à-vis d'eux, nous nous abaisserions, nous tomberions de notre piédestal selon un principe de vases communicants. En fait, nous répondons aux injonctions chrétiennes, comme se rendre maître et possesseur de la nature, instrumentaliser les animaux à notre service. Nous avons longtemps pensé avoir la permission divine pour cela.

La deuxième raison tient à notre ethnocentrisme, qui nous rend peu sensibles aux influences étrangères, anglosaxonnes et orientales notamment. Pour un bouddhiste, mieux vaut traiter correctement la vache ou l'oiseau dans le corps duquel il risque de se réincarner un jour… Troisièmement, on confond souvent en France la philosophie et son histoire.

Quand vous interrogez sur le rapport à l'animal quelqu'un comme Luc Ferry ou même Elisabeth de Fontenay, vous obtenez de grands discours sur Aristote, Descartes, Hegel, l'existentialisme, la Bible… C'est une tendance française de répondre à une question d'éthique qui s'inscrit dans la vie quotidienne par un catalogue d'auteurs. Les intellectuels français sont toujours dans l'éloge de l'abstraction et le mépris du concret. Or l'éthique animale ne relève pas d'une métaphysique de haut vol, mais interroge concrètement sur la façon dont nous traitons les animaux : est-ce juste ou pas ? Et que devrions-nous changer ?

Vous avancez aussi des raisons culturelles et politiques…

Faut-il rappeler l'importance de la gastronomie ? Le Français entretient un rapport identitaire à la cuisine. L'Anglais non. D'ailleurs, on devient plus facilement végétarien en Grande-Bretagne.

Demandez aux Français de remettre en cause l'andouillette, la choucroute, tous les plats liés à la tradition des terroirs… En outre, nous tenons à nos exceptions culturelles comme le foie gras et la corrida.

Quant à la vie politique, elle est sensible aux groupes de pression : éleveurs, représentants de l'industrie agroalimentaire ou pharmaceutique… La France est le seul pays d'Europe où le nombre de chasseurs dépasse la barre du million, même s'il n'y est pas proportionnellement le plus élevé. Leurs fédérations sont fortes, très représentées à l'Assemblée nationale.

En termes de protection animale, la France est la lanterne rouge de l'Union européenne. Quand, à Bruxelles, la Commission conclut par exemple que le gavage des oies se fait au prix d'une souffrance pathologique, donc de maltraitance, le gouvernement commande immédiatement des rapports à l'INRA et à d'autres instituts prétendus indépendants pour conclure que le foie gras ne pose aucun problème de bien être animal.

En quoi la situation diffère-t-elle chez les Anglo-Saxons ?

Aux Etats-Unis, l'opinion publique est prête, la recherche universitaire très avancée.

Depuis plus de trente ans, elle a produit des milliers de thèses, de livres, des conférences. Mais les progrès tardent dans les faits, car le pouvoir politique manque d'indépendance face aux lobbies de l'industrie agroalimentaire et des groupes qui pratiquent l'expérimentation animale.

Dans leurs cours de philosophie, les Anglo-Saxons sont plus pragmatiques, ce qui leur permet de toucher les gens. Le livre de Peter Singer, La Libération animale, traduit de l'anglais en 1993 et publié par Grasset, a été tiré à 500 000 exemplaires. Il peut être lu par tout le monde.Actuellement professeur de bioéthique à Princeton, ainsi qu'à Melbourne, Peter Singer est un des fondateurs de la réflexion moderne sur la condition animale. Ce philosophe d'origine australienne a fait ses études à Oxford, où il a écrit Animal Liberation en 1975. Je lui ai demandé de préfacer mon livre, car je partage l'essentiel de ses convictions. C'est un utilitariste.

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Published by love bill - dans nos amis les animaux
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commentaires

love bill 21/11/2008 00:03

Tu es vraiment une nouvelle note dans l'univers des blogs végétariens. Je ne pense pas que tu aies absoluement besoin de diffuser de nouveau billet si tu ne le sens pas pendant quelques temps..L'existant est déjà très riche...
Convaincre pour le végétarisme, j'ai l'impression de mouliner dans le vide.. Beaucoup de gens ne sont plus aussi farouchement contre qu'il y a quelques années.. Mais c'est juste la force de l'habitude..et de la facilité..

IV 20/11/2008 20:16

"Pourtant à l'époque que l'on vit, c'est crucial que le maximum de gens deviennent végétariens.."
ne dis pas ça on va dire que t'es un vilain extrémiste qui veut convertir les autres ;)
Mon blog est un peu au point mort..en fait vu que ça a bien marché, j'ai l'impression que les visiteurs "attendent" quelque chose de moi, et ça me bloque!

love bill 19/11/2008 17:25

Merci pour ce commentaire encourageant. Je vois que ton blog trouve de mieux en mieux son "identité", quelle énergie !Ce dont je rêve, c'est le moyen de toucher le maximum de gens au sujet du végétarisme sur ce blog, mais c'est assez difficile..Pourtant à l'époque que l'on vit, c'est crucial que le maximum de gens deviennent végétariens..

IV 17/11/2008 23:05

Merci d'avoir publié cet article je cherchais partout quelque chose de ce genre. ca me donne envie de le lire. Ca me conforte dans l'idée que ton blog est une excellente base de données sur le végétarisme :)