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9 février 2009 1 09 /02 /février /2009 06:45

Sur lemonde.fr


Le monde économique commence à s'intéresser à l'eau. Et ce qu'il découvre n'est guère rassurant. Les organisateurs du Forum économique mondial de Davos (Suisse), où se sont rassemblés 1 600 dirigeants d'entreprise, 40 chefs d'Etat et de gouvernement et 300 chercheurs, universitaires et responsables d'organisations non gouvernementales (ONG), du 28 janvier au 1er février, ont publié pour la première fois un rapport consacré à cette question.

Et son ton est alarmiste. "Nous ne pouvons tout simplement pas continuer à gérer l'eau comme nous l'avons fait par le passé, ou la sphère économique s'effondrera, écrivent les auteurs en préambule. Les perspectives des deux prochaines décennies, si rien ne change, donnent la chair de poule. La rareté de l'eau aura des conséquences sur la croissance économique, la sécurité humaine, l'environnement et la stabilité géopolitique."

"Les ressources de plusieurs régions du monde sont au bord de la faillite", relèvent les auteurs, citant la Chine, l'Inde, le Moyen-Orient et une partie des Etats-Unis. Les dégâts causés aux écosystèmes surexploités sont passés en revue : effondrement du niveau des nappes d'eau, assèchement des fleuves, etc.

Cette situation ne fera qu'empirer, du fait de l'augmentation de la population mondiale : alors que 70 % de l'eau douce est déjà utilisée par le secteur agricole, un doublement de la production alimentaire sera nécessaire dans les quarante prochaines années pour répondre à la demande. Une évolution vers des techniques d'irrigation moins consommatrices est donc indispensable.

RÔLE DES ENTREPRISES

Le changement des habitudes alimentaires dans les pays en développement, où la consommation de viande s'accroît, aggrave la situation. Un régime carné requiert 5 400 litres d'eau par jour, soit le double d'un régime végétarien, pointe le rapport. Les besoins en eau pour la production d'énergie augmenteront également, et ce d'autant plus que les gouvernements cherchent, en développant les énergies renouvelables, à limiter leurs émissions de gaz à effet de serre.

Les entreprises devront aussi prendre en compte la rareté de l'eau, selon les auteurs. "Les pays stables et riches en eau deviendront attractifs pour les investissements", prévoient-ils.

Les opportunités du secteur sont donc importantes. Le marché des infrastructures liées à l'eau et à l'assainissement est estimé à 400 milliards de dollars par an (310 millions d'euros). Celui du dessalement croîtra de 20 % par an d'ici à 2015 en Chine, en Inde, en Australie et aux Etats-Unis.

Le texte passe en revue les pistes possibles : "création" d'eau douce via le dessalement ; incitation aux économies ; développement des transferts d'eau au niveau régional ; accroissement des échanges d'eau "virtuelle", c'est-à-dire de biens dont la production demande beaucoup d'eau ; acquisition de terres bien arrosées à l'étranger pour développer la production agricole.

Même si l'eau ne peut être considérée comme une marchandise comme les autres, les auteurs de l'étude plaident en faveur de la constitution d'un marché des droits d'usage de l'eau, tel qu'il existe en Australie, ce qui selon eux, entraînerait une meilleure utilisation des ressources.

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Published by love bill - dans environnement
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